Le jeudi 2 juillet 2026, le Conseil communal a adopté une modification concrète du Règlement général de police (RGP) concernant les déjections canines. Le nouvel article 186 impose désormais à toute personne qui accompagne un chien de disposer d’un moyen approprié — sac plastique ou matériel équivalent — pour ramasser les déjections de l’animal sur le domaine public.
Cette mesure peut sembler évidente. Pourtant, elle répond à une réalité quotidienne : les déjections canines restent une source de nuisances dans les rues, les parcs, les chemins, les abords des écoles et les espaces verts. Elles posent des questions de propreté, de sécurité, de santé publique, d’environnement et, tout simplement, de respect entre usagers.
Table des matières
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- 1. Une modification née d’une interpellation citoyenne
- 2. Ce que prévoit le nouvel article 186 du RGP
- 3. Pourquoi ramasser les déjections canines ?
- 4. Un enjeu de santé publique dans les parcs et espaces verts
- 5. Canicule : des risques à prendre au sérieux
- 6. Quel volume de déjections une commune peut-elle représenter ?
- 7. Une règle de civisme, pas une stigmatisation
- 8. Questions fréquentes
- 9. Chiffres clés
- 10. Conclusion
1. Une modification née d’une interpellation citoyenne
Cette évolution réglementaire trouve son origine dans une démarche citoyenne. Lors d’un précédent Conseil communal, Etienne Masure avait utilisé son droit d’interpellation, prévu aux articles 60 et suivants du Règlement d’ordre intérieur, pour demander l’adoption d’une mesure comparable à celles déjà appliquées dans plusieurs communes du littoral belge.
Le principe est simple : lorsqu’une personne promène un chien, elle doit pouvoir présenter un sac ou un dispositif de ramassage à la demande d’un policier ou d’un agent constatateur.
À cette occasion, différents modèles de sacs et de dispositifs adaptés avaient été présentés par Michel NIEZEN. L’objectif n’était pas de compliquer la vie des propriétaires de chiens, mais d’encourager un réflexe élémentaire : prévoir le nécessaire avant la promenade.
Le fait qu’une interpellation citoyenne débouche sur une modification du règlement communal mérite d’être souligné. C’est l’un des sens concrets de la participation locale : une préoccupation exprimée par un habitant peut nourrir le débat, être examinée par les élus et conduire à une amélioration du cadre de vie.
2. Ce que prévoit le nouvel article 186 du RGP sur les déjections canines
Le nouvel article 186 du Règlement général de police prévoit que tout accompagnateur d’un chien doit être en possession d’un dispositif adapté pour ramasser les déjections de son animal sur le domaine public.
La règle comporte deux éléments importants :
- Le matériel doit être disponible pendant la promenade.
Il peut s’agir d’un sac plastique, d’un distributeur de sachets fixé à la laisse ou de tout autre dispositif adéquat. - Le matériel doit pouvoir être présenté en cas de contrôle.
L’infraction peut être constatée même si aucune déjection n’est observée à ce moment-là.
Cette précision est essentielle. Elle fait de la prévention un élément central du règlement : il ne s’agit pas uniquement d’intervenir après une nuisance, mais de s’assurer que chaque promeneur est en mesure d’agir correctement si son chien fait ses besoins.
Prévoir un sac avant de sortir, c’est éviter que la responsabilité repose sur l’improvisation — ou sur l’excuse du « je n’en ai pas sur moi ».
« Les plans locaux de propreté identifient les déjections canines comme une nuisance visuelle et olfactive, un risque sanitaire et une source de conflits entre usagers. »
— Be WaPP
3. Pourquoi ramasser les déjections canines ?
Ramasser une déjection canine est un geste très simple, mais ses effets sont multiples. Il protège les espaces publics, les autres usagers et l’image de la commune.
3.1 Une question de propreté et de respect
Les trottoirs, chemins, places, parcs et abords des équipements publics appartiennent à tous. Une déjection laissée au sol dégrade immédiatement l’espace partagé : elle gêne les piétons, salit les chaussures, les poussettes, les roues de vélo ou les fauteuils roulants et peut provoquer des chutes.
Les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les familles avec de jeunes enfants et les travailleurs chargés de l’entretien communal sont particulièrement exposés à cette nuisance.
3.2 Une question d’environnement
Contrairement à une idée répandue, les déjections canines ne sont pas un engrais inoffensif pour les pelouses. Elles peuvent contenir une forte charge organique, de l’azote et du phosphore. Lorsqu’elles sont abandonnées dans les espaces verts ou près des avaloirs, la pluie peut entraîner une partie de ces matières vers les sols, les fossés et les réseaux d’eau.
Elles peuvent également perturber les pelouses lorsqu’elles s’accumulent à certains endroits. Dans une commune rurale, où les promenades se font volontiers le long des chemins, des espaces naturels ou des zones agricoles, le respect de ces lieux est tout aussi important qu’au cœur d’une ville.
3.3 Une question de vivre-ensemble
Les déjections canines sont souvent citées parmi les premières causes de sentiment de malpropreté. Elles créent des tensions inutiles entre propriétaires de chiens et autres habitants.
Or, l’immense majorité des propriétaires sont responsables. Une règle claire permet précisément d’éviter que les comportements négligents de quelques personnes ne donnent une mauvaise image de tous les promeneurs de chiens.
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Conséquence d’une déjection non ramassée |
Impact concret |
| Salissure des trottoirs et chemins | Gêne pour les piétons, poussettes, vélos et personnes à mobilité réduite |
| Risque de chute | Danger accru pour les personnes âgées ou fragiles |
| Dégradation des parcs et pelouses | Espaces moins agréables pour les enfants et les familles |
| Contamination possible des sols | Présence de bactéries ou parasites selon l’état sanitaire de l’animal |
| Tensions entre habitants | Sentiment d’incivisme et conflits de voisinage |
| Coût d’entretien | Mobilisation de personnel et de moyens communaux pour nettoyer |
📊 1 à 2 fois par jour – Fréquence moyenne des selles d’un chien en bonne santé
4. Un enjeu de santé publique dans les parcs et espaces verts
Les déjections canines ne constituent pas seulement un désagrément esthétique. Elles peuvent transporter des bactéries, des virus ou des parasites. Le risque dépend de plusieurs facteurs : état sanitaire de l’animal, vermifugation, durée de présence des matières sur le sol, humidité, température, fréquentation du lieu et hygiène des personnes exposées.
Les enfants sont particulièrement concernés lorsqu’ils jouent au sol, dans l’herbe ou près des bacs à sable. Le risque est surtout lié au contact des mains avec une surface contaminée, suivi d’un contact avec la bouche sans lavage des mains.
4.1 Les principaux agents à connaître
Parmi les risques les plus souvent évoqués figurent :
- La toxocarose, liée au parasite Toxocara canis. Les œufs peuvent persister longtemps dans l’environnement. Chez l’être humain, l’infection est rare mais peut être sérieuse dans certains cas, notamment lorsqu’elle touche l’œil ou certains organes.
- La campylobactériose, une infection bactérienne susceptible de provoquer diarrhées, douleurs abdominales et fièvre.
- La salmonellose, qui peut entraîner fièvre, vomissements, diarrhées et fatigue importante.
- Certaines bactéries intestinales, dont des coliformes, pouvant présenter davantage de risques pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou immunodéprimées.
- La giardiase et la cryptosporidiose, deux infections parasitaires pouvant causer des troubles digestifs.
- La yersiniose, une infection bactérienne digestive plus rare.
Il convient de rester précis : la présence d’une déjection ne signifie pas automatiquement qu’une maladie sera transmise. Mais le ramassage rapide réduit la contamination possible de l’environnement et constitue donc une mesure de prévention simple et utile.
« Une étude menée à Liège a relevé la présence d’œufs de Toxocara canis dans une partie des déjections canines analysées ; ces œufs peuvent demeurer infectieux longtemps dans l’environnement. »
— Université de Liège
📊 Environ 1 sur 20 – Déjections analysées à Liège contenant des œufs de Toxocara canis
5. Canicule : des risques à prendre au sérieux au sujet des déjections canines
Lors d’épisodes de fortes chaleurs, les déjections canines abandonnées dans l’espace public deviennent encore plus problématiques pour le confort et l’hygiène des lieux fréquentés.
La chaleur peut renforcer les odeurs et accélérer la dégradation des matières organiques. Lorsque les déjections sèchent, elles deviennent aussi plus difficiles à éviter ou à nettoyer une fois écrasées sur les chemins et les trottoirs.
Surtout, les infections gastro-intestinales — qu’elles soient causées par des bactéries ou des parasites — peuvent avoir des conséquences plus lourdes en période de canicule. Diarrhées et vomissements augmentent le risque de déshydratation, particulièrement chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes fragiles.
Il faut toutefois éviter les raccourcis : la chaleur et le dessèchement ne favorisent pas systématiquement la survie de tous les agents pathogènes. En revanche, ils ne remplacent jamais une mesure de prévention de base : ramasser immédiatement les déjections et se laver les mains après les promenades ou les jeux en extérieur.
Les bons réflexes pendant les fortes chaleurs
- Emporter plusieurs sacs lors des promenades ;
- Ramasser immédiatement les déjections ;
- Jeter les sacs fermés dans une poubelle adaptée, jamais dans un avaloir ou un fossé ;
- Éviter que les enfants jouent dans des zones visiblement souillées ;
- Se laver les mains après avoir manipulé une laisse, un sac de ramassage ou de la terre ;
- Maintenir les chiens correctement vermifugés, sur conseil vétérinaire.
6. Quel volume de déjections une commune peut-elle représenter ?
La question du volume permet de comprendre pourquoi le sujet ne doit pas être minimisé.
Be WaPP indique qu’en Wallonie, on compte environ 13 chiens pour 100 habitants et qu’un chien en bonne santé défèque généralement une à deux fois par jour. En Belgique, une estimation souvent reprise est d’environ 80 kilogrammes de déjections par chien et par an.
Au 1er janvier 2026, Brugelette comptait 3 901 habitants. En appliquant prudemment le ratio wallon de 13 chiens pour 100 habitants, la commune pourrait compter autour de 500 chiens. Il s’agit d’une estimation indicative : tous les chiens ne sont pas nécessairement recensés de la même manière et le ratio réel peut varier d’un village à l’autre.
6.1 Le tableau récapitulatif
| Territoire | Population de référence | Estimation du nombre de chiens* | Déjections estimées par an** |
| Commune rurale comme Brugelette | 3 901 habitants | Environ 500 chiens | Environ 40 tonnes |
| Grande commune de 30 000 habitants | 30 000 habitants | Environ 3 900 chiens | Environ 312 tonnes |
* Estimation basée sur 13 chiens pour 100 habitants.
** Estimation basée sur 80 kg de déjections par chien et par an.
6.2 Un impact considérable
Autrement dit, même dans une petite commune, le volume cumulé peut devenir considérable au fil des semaines et des années. Avec environ 500 chiens, cela représente potentiellement entre 500 et 1 000 déjections par jour. Bien sûr, toutes ne sont pas abandonnées sur la voie publique : c’est précisément le comportement responsable des propriétaires qui fait toute la différence.
« La Belgique comptait 1,32 million de chiens en 2019 ; en Wallonie et à Bruxelles, le ratio indiqué est de 13 chiens pour 100 habitants, avec une fréquence de défécation estimée à une ou deux fois par jour. »
— Be WaPP
« Brugelette comptait 3 901 habitants au 1er janvier 2026. »
— Registre national – SPF Intérieur
📊 Près de 40 tonnes de déjections – Estimation annuelle pour environ 500 chiens à Brugelette
7. Une règle de civisme, pas une stigmatisation
La modification de l’article 186 du RGP ne vise pas à opposer les habitants avec chien et les autres. Elle rappelle une responsabilité normale liée à la présence d’un animal dans l’espace collectif.
Promener un chien apporte du lien, de l’activité physique et de la vie dans nos villages. Mais cette liberté s’accompagne d’un devoir simple : ne pas laisser aux autres les conséquences de la promenade.
Le sac de ramassage n’est ni un détail ni une contrainte excessive. C’est un outil de respect :
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- respect des riverains ;
- respect des enfants qui jouent dans les parcs ;
- respect des agents communaux ;
- respect des autres propriétaires de chiens ;
- respect des chemins, des espaces verts et de la nature ;
- respect du règlement adopté démocratiquement.
La force de cette mesure réside dans sa simplicité. Un geste de quelques secondes peut éviter une nuisance durable, un accident, une plainte ou une contamination inutile.
8. Questions fréquentes (FAQ)
8.1 Faut-il avoir un sac de ramassage même si son chien ne fait pas ses besoins ?
Oui. Le nouvel article 186 du RGP prévoit que toute personne accompagnant un chien doit être en possession d’un dispositif adapté pour ramasser les déjections. Ce dispositif doit pouvoir être présenté à la demande d’un policier ou d’un agent constatateur, même si aucune déjection n’a été constatée.
8.2 Quel matériel peut être utilisé pour ramasser les déjections canines ?
Un sac plastique résistant, un sachet biodégradable adapté, une pince avec sac intégré ou tout autre matériel permettant de ramasser proprement les déjections peut convenir. L’essentiel est de pouvoir intervenir immédiatement et d’évacuer le sac fermé dans une poubelle.
8.3 Les déjections canines sont-elles réellement dangereuses pour la santé ?
Elles peuvent contenir des bactéries ou parasites transmissibles, notamment lorsque l’animal est porteur d’une infection. Le risque varie selon les circonstances, mais les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées doivent être particulièrement protégés. Le ramassage rapide et le lavage des mains sont les mesures les plus simples.
8.4 Peut-on jeter un sac de déjections dans un avaloir, un fossé ou un buisson ?
Non. Un sac fermé doit être déposé dans une poubelle. Le jeter dans un avaloir, un fossé ou un espace vert déplace simplement la pollution et peut contribuer à la contamination des sols ou de l’eau.
8.5 Pourquoi cette règle est-elle utile dans une commune rurale ?
Parce que les chemins, parcs, trottoirs, abords des écoles et espaces naturels sont fréquentés par tous. Même si l’habitat est moins dense qu’en ville, l’accumulation de déjections au fil du temps peut représenter des volumes importants et dégrader durablement le cadre de vie.
9. Chiffres clés
📊 1 à 2 fois par jour : fréquence moyenne à laquelle un chien en bonne santé défèque.
🐕 13 chiens pour 100 habitants : estimation communiquée pour la Wallonie et Bruxelles dans une fiche de propreté publique.
🏘️ 3 901 habitants : population de Brugelette au 1er janvier 2026.
♻️ Environ 40 tonnes par an : ordre de grandeur indicatif des déjections produites par près de 500 chiens sur le territoire de Brugelette.
10. Conclusion
La modification du RGP sur les déjections canines est une mesure de bon sens. Elle rappelle qu’accompagner un chien sur le domaine public implique de prévoir le matériel nécessaire pour ramasser immédiatement ses déjections.
Cette évolution est aussi un exemple positif de démocratie locale : une interpellation citoyenne a été entendue, débattue et traduite en une règle concrète. À Brugelette comme ailleurs, la propreté des rues, des parcs et des chemins ne dépend pas uniquement des services communaux. Elle dépend aussi de gestes simples, répétés chaque jour.
Un sac dans la poche, c’est un espace public plus propre, plus sûr et plus agréable pour tous
Michel NIEZEN – Conseiller communal Brugelette








